Comme une eau de satin, cascade jaillissante
De la mélancolie d'un printemps suranné
Dans les pourpres sillons de l'aube renaissante
Vient se désaltérer au vent de mes pensées
Comme en quête d'ivresse où mon crayon s' égare
Où l'écriture danse sur le papier froissé
Distillant, dans mes yeux, un étrange regard
D'un poème d'hier qu 'on ne peut effacer
Comme le grain de sable , imperceptiblement
Entre les doigts du vent , devient insaisissable
S 'écoule , lentement , du sablier du temps
Emportant , pas à pas , mon âme périssable
Comme la goutte d'eau , imperturbablement
Fait couler, dans mon coeur, les couleurs de la pluie
Jusqu ' à ce que les cieux , irrémédiablement
Délavent, peu à peu , les cernes de mes nuits
Comme une feuille au vent, à l'aurore envolée
Dans les champs de l'hiver où le silence crie
Mon coeur, à petits bruits, s'en vient tambouriner
Aux vitres pianotés par les doigts de la pluie
Comme un ruisseau hanté par des songes funèbres
Lamentable tombeau de l'irréalité
Mon âme partira dans le bleu des ténèbres
Jusqu 'à frôler l'oubli avant de s'y noyer .
A.
